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Agriculture

Agriculture : un paysage en mutation

Agriculture : un paysage en mutation

L’agriculture est en cours de mutation dans l’Yonne. Les vaches allaitantes (élevées pour la viande) et la production laitière diminuent, les exploitations céréalières subissent le choc des cours mondiaux et le colza disparaît des paysages. En parallèle, l’agriculture biologique se développe et les activités se diversifient. Quand agriculture rime avec emploi.

Le Conseil départemental a longtemps attribué des subventions aux exploitants agricoles et aux organisations professionnelles. Mais en 2015 la loi NOTRe (1) a redistribué les compétences et attribué l’agriculture à la Région. Le Département est cependant autorisé à intervenir en complément sur de l’investissement dans les exploitations (construction de bâtiments d’élevage, transformation et commercialisation à la ferme…) ou pour encourager des pratiques agricoles favorables à l’environnement (soutien à des structures d’animation agricole sur les thématiques de la conversion à l’agriculture biologique, de la réduction des produits phytosanitaires dans les bassins d’alimentation de captage...).

S’ADAPTER AUX CHANGEMENTS

L’agriculture dans l’Yonne se transforme : "Nous constatons une baisse significative du nombre d’élevages allaitants (production de viande) et du nombre de vaches, souligne Vincent Gallois, chargé d'études économiques et prospective à la Chambre d’agriculture. Un phénomène que l’on retrouve en élevage laitier et, chose nouvelle dans l’Yonne, la production de lait du département diminue aussi alors qu’auparavant un même volume était produit par moins d'éleveurs".

L’Yonne reste une terre de grandes cultures mais se heurte aux prix mondiaux : "Les pays gros acheteurs se sont constitué des stocks afin de ne plus être sujets aux variations de cours, et la production mondiale augmente avec la concurrence nouvelle des pays de la mer Noire (Russie, Ukraine et Kazakhstan)". La production de colza est progressivement abandonnée, du fait de la répétition d’épisodes climatiques défavorables et du développement de parasites résistants aux insecticides. "On peut penser qu’il va disparaître, mais par quoi le remplacer ? C’est la vraie problématique des céréaliers qui traditionnellement produisaient colza, blé et orge pour 80 % de leur surface" poursuit Vincent Gallois.

Dans ce contexte, nombre d’entre eux se sont convertis en bio. "Ils bénéficient d’aides à la conversion et ensuite parviennent à se dégager un revenu car il existe des débouchés. D’autre part une évolution sociale et écologique les oblige désormais à remettre en cause des systèmes jusqu’alors incontournables". Des exploitations font aussi le choix de la diversification des activités : transformation et vente à la ferme, ouverture de gîtes et de chambres d’hôtes, création de filières, production d’énergie (méthanisation, panneaux photovoltaïques)…

(1) Portant Nouvelle organisation territoriale de la République

Patrick Gendraud, Président du Conseil départemental de l'Yonne

"Si l’agriculture icaunaise est en cours de mutation, c’est avec celles et ceux qui la réinventent chaque jour, les agriculteurs et les agricultrices, qu’elle continuera d’écrire les lettres de noblesse du département de l’Yonne".

Patrick Gendraud, président du Conseil départemental 

 

Florence Charlois, à Boeurs-en-Othe

"Nous disposons d’un magasin pour recevoir le public".

Domaine La Charloise

Productrice en agriculture biologique de cidre, jus de pomme, ratafia et eau-devie depuis 25 ans, la famille Charlois à Boeurs-en-Othe a déjà obtenu 19 médailles pour son cidre et son jus de pomme. Elle vend ses produits à la ferme et via des magasins à Auxerre, Dijon… Elle fournit également des crêperies jusqu’à Troyes et Paris. Les 9 et 10 mai, le domaine La Charloise organise des portes ouvertes avec présence de producteurs locaux (magrets de canard, crêpes au miel, soumaintrain, fromage de chèvre, mouton…) et possibilité de repas sur place. Le public peut aussi aller cueillir pommes et mirabelles en saison.

Domaine La Charloise
2, rue des Brossiers, Le Champion
89770 Boeurs-en-Othe
Tél : 06 15 95 02 98

Samuel Legrand, céréalier à Charbuy

"Nous avons diversifié notre activité avec de la meunerie à la ferme".

Gaec des Étangs

Avec ses deux associés Patrice Tuloup et Sébastien Châtelet, Samuel Legrand exploite 400 ha en céréales avec la certification "haute valeur environnementale niveau 3". "Dans le contexte agricole compliqué actuel, où nous ne décidons pas de nos prix de vente sur les marchés globaux, nous cherchons à avoir de la valeur ajoutée", explique-t-il. Les associés du Gaec des Étangs à Charbuy ont donc lancé une activité de meunerie à la ferme en 2018. "Notre diversification de farine s’adresse au semi-gros pour les boulangers en vente direct. Nous produisons de la farine de blé, de seigle, de sarrazin et d’épeautre". Le Gaec des Étangs a touché une subvention du Conseil départemental pour les équipements de transformation et de stockage de céréales en farine. Il fournit aujourd’hui des farines à des boulangers de Charbuy, Gurgy, Chevannes, Vermenton,
Auxerre, Vincelles… mais ne propose pas de vente à la ferme.

Gaec des Étangs à Charbuy
Tél : 06 60 64 51 85
 www.lafermedesetangs.fr

Bruno Méan, producteur de légumes secs bio à Paisson.

"Je suis passé en bio par peur des produits chimiques".

Bruno Méan

"Paysan depuis toujours", Bruno Méan a converti son exploitation en bio en mai 2015 : "L’utilisation des produits chimiques ne me convenait plus. J’avais peur pour ma santé et celle de ma famille. D’autre part, avec les insecticides, j’étais au bout d’un système". Des visites d’exploitations et des formations à Bio Bourgogne et à la chambre d’agriculture lui ouvrent de nouveaux horizons : "Je rencontrais des gens dans le doute aussi…" Bruno Méan cultive 160 ha. Il produit du blé, du tournesol, de la luzerne, du trèfle. Également des pois chiches, des lentilles, des haricots (rouges et flageolets), des graines de courge, de la coriandre, et il s’est essayé au potimarron cette année… "Comme nous faisons surtout des cultures destinées à l’alimentation humaine, la vente directe coule de source. Mais c’est chronophage…" L’agriculteur vend à la ferme, sur les marchés d’Auxerre, d’Avallon, de Chablis et de Tonnerre, à des restaurants locaux, au Silo rouge à Avallon, à un magasin bio de vente en vrac à Dijon…

Bruno Méan
2, rue des Noyers, Paisson
89740 Cruzy-le-Châtel
Tél : 06 89 92 93 64

 

LE CONSEIL DÉPARTEMENTAL SOUTIENT LE MONDE AGRICOLE

Les subventions 2019 :

  • Aide à l'investissement dans les bâtiments d'élevage : 51 exploitations pour un montant total de 253 205 € (hors fonds européens)
  • Aide à la transformation et à la commercialisation à la ferme : 11 exploitations pour un montant total de 42 740 € (hors fonds européens)
  • Subventions aux structures d'animation du monde agricole : 257 770 € dont 74 895 € ciblés sur le développement de l'agriculture biologique

 

Thomas Pico, viticulteur bio à Chablis

"Avec les taxes américaines et le Brexit, nous ne savons pas comment le marché va évoluer".

Domaine Pattes Loup

Originaire de Courgis, Thomas Pico a hérité de la passion de la viticulture de son père et de son grand-père. Après un BTS viticulture et œnologie à Beaune, en alternance chez un vigneron à Volnay (Côte d’Or), puis un emploi comme aide-caviste à Nuits-saint-Georges, il revient à Courgis pour les vendanges 2003. "En 2004, j’étais salarié et j’ai fait arrêter tous les désherbants", explique-t-il. En 2005 il s’installe et progressivement reprend des vignes, dont celles de son père, qu’il convertit intégralement en bio. "Ce qui m’a motivé c’est la mort de mon grand-père d’un cancer. Il m’a demandé de ne pas faire les mêmes erreurs que lui et de ne pas traiter". Au domaine Pattes Loup, le travail est artisanal. Le changement de pratiques a entraîné un changement de clientèle : "belle" restauration, bistronomie… Thomas Pico exporte 55 à 60 % de sa production dans plus d’une trentaine de pays : États-Unis, nord de l’Europe, Japon… Le 18 juillet, le domaine Pattes Loup accueillera la 2e édition du festival Miamglouzik, "autour du vin et de la bonne bouffe" !

Domaine Pattes Loup
Grande rue Nicolas Droin
89800 Courgis
Tél : 03 86 41 46 38
 www.pattes-loup.com

Adérald Caron, apiculteur à Charbuy

"Nous travaillons avec la nature et nos contenants sont recyclés".

Adé Fabrik

Adérald Caron a eu plusieurs vies professionnelles. En décembre 2018, ce titulaire d’un CAP de pâtissier, d’un CAP de chocolatier confiseur et d’un CAP de cuisine, se lance dans la fabrication de produits dérivés de l’apiculture. À partir de son rucher de Charbuy, il confectionne des spécialités gourmandes sucrées (pain d’épices avec la farine du Gaec des Étangs à Charbuy, miels travaillés avec des purées de fruits, pâte à tartiner sucrée au miel…) et salées (moutarde au miel d’été à la cire d’abeille et au poivre de cassis, ketchup gastronomique à base de vinaigres de vin, de cidre du pays d’Othe et de miel infusé aux plantes, chutney au miel, sel fleuri, gelée au chablis et au miel…). Adé Fabrik' élabore aussi des produits de beauté : savons saponifiés à froid au miel et à la cire d’abeille, baumes à lèvres à base de beurre de karité, d’huile d’argan et de propolis (résine végétale collectée par les abeilles), crème à la cire d’abeille… « Nos produits sont distribués dans les épiceries fines Au cœur du terroir à Fleury-la-Vallée, Arômes et douceurs et Pyneau Prunutz à Auxerre, au Borvo à Chemilly-sur-Yonne, à la cave à vins Autour d’un verre à Ancy-le-Franc… et bientôt en région parisienne » explique Adérald Caron.

Tél : 06 45 28 39 17
Sur Facebook : Adé Fabrik

Lucile Pac et Camille Fromonot, producteurs de bière artisanale à Irancy

"Nous ne voulons pas que les gens mettent nos bières dans un caddie sans explication".

La Cuverie

Diplômés d’un BTS en hôtellerie restauration pour elle, d’un master en fermentation vins, bières et fromages pour lui, Lucile Pac et Camille Fromonot ont eu envie, de retour d’un long voyage en Asie, de produire de la bière. Informée de leur projet, la commune d’Irancy leur a proposé la location de l’ancienne école. Après un stage de création d’entreprise à la Chambre de métiers et de l’artisanat et des travaux d’aménagement, le couple a ouvert "La Cuverie" en novembre 2019. De leur brasserie artisanale sortent quatre bières : une blonde, une ambrée brassée avec du seigle cru, une IPA (enrichie en houblon) blonde, et IPA brune. "Nos bières sont bio. C’est un état d’esprit, pas un argument commercial". Tout comme le fait de distribuer localement et uniquement dans les bars (le Galopin à Auxerre), restaurants (le Flobert et Mon assiette à Auxerre, Le Clos du roi à Coulanges-la-Vineuse) et chez les cavistes (les Agapes, V and B à Auxerre). Il est possible de déguster les bières sur place du mardi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 19 h. Ouverture plus tardive le vendredi soir avec un food truck (pizzas) et l’été avec terrasse et planches apéro de produits locaux.

La Cuverie
4, chemin des fossés, à Irancy
Tél : 06 67 03 51 07
 http://brasserie-lacuverie.fr

◊ PRODUCTEURS LOCAUX ◊

EN ROUTE POUR LA DÉGUSTATION !

Circuits groupes

CIRCUITS GROUPES. Yonne Réservation, le service commercial de Yonne Tourisme , s’appuie sur les producteurs locaux pour construire ses séjours et circuits pour groupes. Il n’est pas rare d’avoir au programme au moins une découverte gourmande. Parmi ses partenaires, Yonne Réservation compte une quinzaine de vignerons et une douzaine de producteurs.

Y figurent des fermes apicoles, brasseries artisanales, fabrication et transformation de saumon, chocolaterie, élevage de canards gras, escargots, ovins et bovins, cerfs et maraîchers. Les groupes visitent les exploitations ; un circuit propose également une démonstration de cuisine chez le producteur.

Pour retrouver l’offre groupes : www.groupes-yonne.com

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Page mise à jour le mardi 03 mars 2020

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