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Maîtriser les traumatismes liés à l’épidémie

Centre hospitalier spécialisé de l’Yonne - Maîtriser les traumatismes liés à l’épidémie

Centre hospitalier spécialisé de l’Yonne. Le CHS de l’Yonne a réorganisé ses services pour accompagner ses patients hospitalisés et apporter une réponse aux personnes en souffrance à l’extérieur.

LORSQUE LE CONFINEMENT A ÉTÉ ANNONCÉ, LE CENTRE HOSPITALIER SPÉCIALISÉ DE L’YONNE (1) a fermé l’ensemble des Centres médico-psychologiques (CMP) qui maillent le territoire (Sens, Auxerre, Joigny, Saint-Florentin, Tonnerre, Toucy, Avallon). Une psychologue, un personnel du service infanto-juvénile et un personnel du service adultes sont cependant présents sur chaque téléphoniques.

"En pédopsychiatrie, certaines situations sont assez difficiles, notamment concernant des enfants lourdement atteints (handicaps, troubles autistiques) pour lesquels le confinement à la maison demande à être accompagné, souligne le Dr Claire Lapierre, chef du pôle de pédopsychiatrie, médecin responsable de la Cellule d’urgence médico-psychologique du département. En plus des entretiens téléphoniques, nous avons gardé une possibilité de visites à domicile".

UN ACCOMPAGNEMENT RENFORCÉ

Les unités de soins (hôpitaux de jour) et l’unité d’addictologie ont également été fermées. "Cette dernière nous servira, au besoin, pour isoler des cas Covid de premier niveau afin d’éviter d’engorger les hôpitaux généraux qui accueillent des stades plus avancés de la maladie", explique Yves Buzens, le directeur du CHS de l’Yonne (2).

Une partie des personnels a été réaffectée sur d’autres unités, notamment les unités d’hospitalisation à temps plein. "Ce renforcement de personnel permet d’accentuer la présence auprès des patients et de mettre en place un accompagnement avec des activités comme les sorties dans le parc", ajoute Alain Dupré, directeur des soins et directeur délégué de la Résidence Girard de Roussillon à Vézelay. Une équipe pluridisciplinaire formée aux psycho-traumatismes a été constituée. Yves Buzens met également l’accès sur "le travail très important accompli par les agents qui effectuent l’entretien et le ménage dans les hôpitaux" en période d’épidémie.

AU SERVICE DES FAMILLES

"Les relations du Conseil départemental avec les hôpitaux psychiatriques et les maisons de retraite sont historiques, et encore plus étroites durant cette période de crise", précise Michel Ducroux, le président du Conseil de surveillance du CHS de l’Yonne, conseiller départemental d’Auxerre (ancien directeur de la maison de retraite départementale). Le partenariat est notamment étroit avec le pôle de psychiatrie infanto-juvénile et adolescents, dans le cadre de la protection de l’enfance.

"Depuis le début de la crise nous avons eu des contacts très nombreux, poursuit le Dr Claire Lapierre. Nous intervenons conjointement auprès de certaines familles et nous essayons de conserver voire de renforcer ce maillage". Le Centre hospitalier spécialisé de l’Yonne redoute un effet rebond (augmentation des pathologies) à l’issue de la levée du confinement, et œuvre en prévention.

(1) Établissement public de prise en charge psychiatrique sur l’ensemble du département de l’Yonne, le CHS de l’Yonne compte un pôle de psychiatrie adultes, un pôle de psychiatrie infanto-juvénile et adolescents, une structure médico-sociale d’hébergement pour adultes handicapés psychiques valides (Résidence Girard de Roussillon à Vézelay).
(2) Au 6 avril dernier, le CHS de l’Yonne comptait un cas de Covid-19 parmi les patients et quatre parmi le personnel (trois à Sens et un à Auxerre).

◊ Les conseils du docteur Claire Lapierre, psychiatre

COMMENT SUPPORTER LE CONFINEMENT ?

Les personnes exposées au confinement peuvent développer des troubles du sommeil, des troubles anxieux, de l’irritabilité, de la colère, un sentiment de mal-être, qui peuvent être importants surtout si le confinement dure et s’ils vivent dans des logements petits et sans extérieur. Il est conseillé de rester en lien avec ses proches par l’intermédiaire du téléphone, des réseaux sociaux ; de structurer sa journée en mettant en place des habitudes, des tâches à effectuer.

De nombreux outils circulent sur internet pour pratiquer des activités, de la gymnastique, de la méditation… Ce sont des activités de groupe et même si on n’est pas physiquement avec les autres, elles maintiennent un lien social. Les personnes souffrant d’addictions sont particulièrement fragilisées et il est compliqué pour elles de s’approvisionner. Les pharmacies de ville peuvent leur délivrer des médicaments.

♦ QUELS TRAUMATISMES PEUT CAUSER LE CONFINEMENT ?

Deux familles de traumatismes sont à craindre à l’issue de la crise du Covid-19 :

  • Les traumatismes des soignants dans les hôpitaux et des personnels des maisons de retraite (où les patients ne sont pas forcément hospitalisés, ni réanimés compte tenu de leur âge, et dont il faut gérer la fin de vie sans les familles) : confrontés à un stress important, à un épuisement physique et psychique, ils sont particulièrement à risques et il faudra prendre soin d’eux après la crise. Les soignants sont également confrontés à l’anxiété de contaminer leurs proches.
  • Les traumatismes des familles : à l’issue du confinement il existe un risque de décompensation pour les personnes ayant une fragilité (troubles anxieux, troubles dépressifs, isolement…). Sont à souligner également les problématiques de deuil, qu’elles soient liées au Covid-19 ou pas : les familles ne peuvent plus assister leurs proches ni effectuer les rituels qui sont importants dans le processus de deuil.
Covid-19

♦ COMMENT PARLER DU COVID-19 AUX ENFANTS ?

Il ne faut pas leur mentir et leur expliquer ce qu’est un virus : un tout petit microbe que l’on peut transmettre, qui peut être grave mais qui ne l’est pas forcément, qui rend les gens malades et dont il faut se protéger pour éviter la propagation de l’épidémie.

Leur préciser qu’on peut se contaminer en se touchant, en se parlant, et leur expliquer les gestes barrières. Répondre à leurs questions et leur expliquer qu’ils participent comme tous les citoyens à la lutte contre la dissémination du virus en restant à la maison. En général, les enfants comprennent bien et font beaucoup d’efforts pour arriver, avec leurs parents, à gérer cette crise. C’est compliqué pour eux de ne pas pouvoir voir leurs grands-parents, et rester en contact avec leurs camarades et leurs enseignants au travers des outils scolaires les aident.

Le Centre hospitalier spécialisé de l’Yonne a ouvert, dès le 23 mars, une cellule d’écoute et de soutien destinée aux soignants mais également aux familles et aux personnes qui ressentiraient une souffrance psychologique liée à la crise du Covid-19.
Du lundi au vendredi de 9h à 17h. Tél : 03 86 94 38 08 ou 03 86 94 38 06.

→ www.chs-yonne.fr

Page mise à jour le mardi 28 avril 2020

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