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Lac Noir - Composition de médias

Exposition d’art contemporain "Lac noir"

Lac Noir Château de Maulnes

Du 1er juin au 22 septembre 2019, le château de Maulnes sera au centre d’une vaste composition de médias.

Lac Noir composition de médias, est une architecture d’œuvres réalisées sur les principaux médias d’expression artistique et littéraire. Elle est inspirée par le souvenir d’une serpente, Mélusine transylvaine aperçue par Emmanuel Raquin-Lorenzi, il y a presque quarante ans, en Transylvanie,
dans une baraque de la foire d’automne du village de Negreni, appelé en hongrois Fekete-To : Noir-Lac.

Lac Noir orchestre une rêverie sur la limite, tout ensemble commencement et fin, comme, au flanc de la serpente, ce point bleu où ce n’est plus la chair, pas encore l’écaille.

Pour explorer ce point du partage et du passage, métaphore ou métamorphose, Emmanuel Raquin-Lorenzi revint au pays de la serpente avec dix autres artistes, chercher les traces de ces faibles dieux qui disparaissent à peine nés au bord des choses, quand parfois elles entrent en écho avec un regard.

C’est ainsi une rapsodie de vingt-quatre œuvres qu’il a élaborée avec sa troupe, à partir des matériaux recueillis sur place, une œuvre-serpente menée par un principe d’incertitude entre fiction et document, usant d’effets de rupture et de résonance, qui s’essaye à caresser l’insondable
limite.

LAC NOIR COMPOSITION DE MÉDIAS

Dans la présentation fruste d’une serpente pouvait se deviner encore la figure de vieilles divinités de nos campagnes, que nous connaissons en France sous le nom de Mélusine. Liées à un lieu, elles y célèbrent le culte ancien de la métamorphose, du lien insaisissable et sans cesse renaissant
entre les choses irréductibles. Elles sont associées aux changements de saisons, aux fructifications, aux sources, aux crépuscules, lisières et lieux de passage, mais aussi aux constructions des hommes qui s’insèrent dans les paysages.

Revenu à plusieurs reprises à Negreni-Fekete-To lors des foires d’automne ou de printemps, j’y ai emmené dix autres artistes, français, hongrois, roumains, lettons. Il s’agissait, la serpente disparue, de chercher ses traces dans son pays, de multiplier et combiner des regards, non pour la poursuivre ni en rassembler les membres épars, mais pour tenter de sentir parfois affleurer, puis de cueillir au bord des choses où ils naissent, quelques ébauches de ces dieux fugaces, qui disparaissent à peine nés, faibles dieux, échos de l’écho entre notre regard et ce qu’ils nous offrent en s’évanouissant.

Il fallait pour cela combiner effets de rupture et de résonance, dans une libre architecture d’œuvres guidée par un principe d’incertitude entre fiction et document, entre ce qui est recueilli et ce qui est inventé.

Le violon-trompette

Violon-trompette

Lac Noir est composé de 24 œuvres, sur de multiples médias, du livre au cinéma et à la radio, à la musique, à la photographie, aux arts plastiques et électroniques, aux installations. Dans cette œuvre-serpente sensations et pensées se contaminent, se portent à l’écart et se distinguent, caressant de leur mouvement la paradoxale limite, ce point bleu au flanc de la serpente, où ce n’est plus tout à fait la chair, pas encore l’écaille ; le point fuyant du passage, métamorphose ou métaphore. Lac Noir est ainsi une œuvre unique faite d’œuvres différentes mais qui ensemble constituent comme une installation.

L’incessant glissement entre les œuvres et les genres vise à mettre l’auditeur, spectateur, lecteur, en un état de sensibilité au déplacement qui lui  donne une chance, sinon d’apercevoir la serpente, du moins de sentir quelque chose de sa fuite au détour d’un regard, quand un son surgit ou s’évanouit, au passage d’une œuvre à l’autre, dans le heurt du contraste ou le fluide glissement du même à l’autre : d’entendre son chant, qui est le chant de la limite, le chant du réel.

Après la difficile conquête de la verticalité dominante, après ses dérives totalitaires et ses régressions intégristes, Lac Noir, fera signe vers une autre manière d’habiter notre monde, une manière plus subtile, qui s’inspire de l’horizontalité fluide de la vieille serpente de nos campagnes.

UNE SCÉNOGRAPHIE SERPENTE À MAULNES ; CHANGER NOTRE REGARD

Pour célébrer la serpente et déployer son labyrinthe en une suite serpente, il fallait un lieu qui lui corresponde intimement. Maulnes l’attendait. L’effet d’écho entre ce relais de chasse pentagonal de pierre blanche, construit à la Renaissance autour d’un nymphée assemblant trois sources, et l’immense plateau qu’elles inondent de leurs eaux, dont on dit qu’il fut une des demeures de notre Mélusine, appelait la serpente transylvaine de Lac Noir. Il l’appelait si fortement que ce lieu, loin de ne lui offrir qu’un beau réceptacle, semble avoir inspiré Lac Noir ; par un effet d’écho redoublé, la force poétique de l’œuvre comme l’esprit du lieu sont portés à leur comble.

Maulnes, magnifique tour pâle dressée au milieu de son plateau, redeviendra ainsi, d’un printemps à un automne, le château enchanté de la serpente.

C’est à une métamorphose de notre regard qu’invite le parcours à travers la scénographie qui peuple l’entier château des œuvres de Lac Noir. Conque blanche, le souple escalier de Maulnes enveloppe la clarté du jour et les sources sombres, les liant dans un chant étrange, mélancolique appel qui s’apaise, se perd et toujours revient, comme un diapason de ce voyage. D’entrée désorienté par une première énigmatique installation, notre regard se rajeunit au plus profond du château, auprès des sources où l’accompagnent de mouvants paysages puis une musique étrange, qui laisse entendre déjà la voix de la serpente. Montant doucement par l’escalier médiant, le voyageur de Maulnes est emporté par le tumulte de la fête qui mêle tous les regards, jusqu’aux silences où, dans la pénombre, la traversée des forêts frôle l’eau sombre et où l’attendent les conques du crépuscule, pour enfin qu’il puisse, tout au haut du château, renouvelé, frôler la serpente qui caresse le monde.

Le concert des sources murmurantes, où affleure les voix de leurs nymphes, résonnera, sous la protection de la puissante Fontaine Dionne, jusqu’à l’Hôtel-Dieu de Tonnerre, où s’épanouira le chant et le cri de la fée.

Conques

Conques

UNE DRAMATURGIE DE MÉDIAS

À ce microcosme scénographique, répondra un essai de représentation éclatée à travers les médias qui nous environnent. La sortie conjointe, la première semaine de juin, sur les médias qui leur sont propres, des diverses œuvres composant Lac Noir permettra de mettre en place une dramaturgie de médias, manière d’installation jouant des moyens de communication de nos sociétés. Démultipliant échos et contrastes, elle laissera pressentir, comme le parcours à travers la scénographie, l’étrange lien qui sépare et relie ces œuvres.

Lac Noir, œuvre contemporaine inspirée d’un mythe archaïque et encore vivace, pourrait ainsi contribuer à enchanter le regard de ceux qui se prêteront à ses jeux, tout en les amenant à s’interroger sur la situation de ce regard, immergé dans les liens de communication contemporains, mais profondément relié, sans que nous en soyons toujours conscients, à de très anciennes représentations.

◊ Artistes ayant contribué à Lac Noir à partir d’éléments recueillis autour du village de Negreni

Conception, coordination, direction artistique : Emmanuel Raquin-Lorenzi

Emmanuel Raquin-Lorenzi

Emmanuel Raquin-Lorenzi dans la foire de Negreni en 1990 - Photo A. Grants

Œuvres de :

  • Juris Boiko (Lettonie) : vidéogramme, installation.
  • Sophie Catherine (France) : photographies.
  • Andrejs Grants (Lettonie) : photographies.
  • Thierry Kuntzel (France) : vidéogramme, installation.
  • Jean-Louis Le Tacon (France) : vidéogramme, installation.
  • Ga bor Movik (Roumanie) : photographies.
  • Bernard Parmegiani (France) : composition musicale.
  • Emmanuel Raquin-Lorenzi (France) : photographies, installations, livre, film, image sonore, scénographie.
  • Mircea Saucan (Roumanie) : film.
  • Ka talin Volcsanszky (Hongrie-France) : photographie.
  • Christian Zanési (France) ; compositions musicales électroacoustique de film, de vidéogramme et d’installation.

→ Page Facebook LAC NOIR

Château de Maulnes
Du 1er juin au 22 septembre

• Du 1er au 30 juin et du 1er au 22 septembre : mercredi au dimanche de 14h à 18h

• Du 1er juillet au 31 août : tous les jours de 10h30 à 12h et de 14h à 18h

Tarif unique : 4 €
Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans

Espace Culturel de l'hôpital de Tonnerre
Hôtel-Dieu et ancienne pharmacie
Du 8 juin au 8 septembre

• En juin : les vendredi, samedi, et dimanche de 11h à 17h

• En juillet, août et septembre : tous les jours sauf le mardi de 10h à 19h

Page mise à jour le jeudi 16 mai 2019

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