Bienvenue sur le site Internet du Conseil Départemental de l'Yonne

"Féminin Masculin" à l’affiche des Entretiens d’Auxerre

Entretiens d’Auxerre 2018

Les 15, 16 et 17 novembre, les Entretiens d’Auxerre vont s’interroger sur les conditions féminine et masculine. Margaret Maruani, sociologue, directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), interviendra sur le thème du travail.

"Il n’y a pas de pente naturelle vers l’égalité"

Margaret Maruani, sociologue, directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)

Pourquoi est-il important de traiter de ce sujet aujourd’hui ?

Cela reste un des grands sujets de société. "Féminin masculin", c’est là où se créent un certain nombre de clivages, de hiérarchies dans la société, qui se déclinent dans une palette très variée de sujets.

Vous avez fondé le réseau de recherche Marché du travail et genre. Qu’en est-il aujourd’hui des inégalités entre hommes et femmes au travail ?

Nous nous trouvons dans une situation très contradictoire. En France aujourd’hui, les femmes représentent près de la moitié de la population active (48 %), depuis les années 1970 elles sont plus diplômées que les hommes, et l’écrasante majorité n’arrête pas de travailler lorsqu’elles ont des enfants. Nous serions donc en droit de nous dire que l’égalité est là, d’autant que de nombreuses lois ont traité de cette question. Pourtant force est de constater que ce n’est pas le cas !

L’inégalité se décline de diverses façons : l’inégalité de salaire est la plus visible, mais il y a aussi une inégalité de carrières, des inégalités en matière de précarité, de sous-emploi… Tout cela fait que les hommes et les femmes, professionnellement, se trouvent dans des situations très différentes ; et ces différences créent également un positionnement très différent dans la vie sociale. Le travail est un fil rouge pour lire la hiérarchie du masculin-féminin. Et d’autre part, le genre est un outil indispensable à l’analyse du monde du travail.

L’orientation scolaire a-t-elle une part de responsabilité ?

Il reste toujours une ségrégation des filières, mais ce n’est pas le problème principal parce que la féminisation de l’université, des grandes écoles est en marche depuis très longtemps ; et un certain nombre de filières autrefois masculines sont devenues mixtes, voire plus féminisées. Mais bien que plus diplômées que les hommes, les femmes aujourd’hui représentent 40 % des profess ions intellectuelles et supérieures. Elles en représentaient 16 % en 1960 donc le progrès est considérable, mais il n’est pas à la hauteur de ce qui s’est passé dans le système éducatif.

Nous avons aussi observé que l’écart entre les femmes qui arrivaient à trouver des emplois qualifiés et bien rémunérés (même si elles ne le sont pas à l’égal des hommes) et celles, beaucoup plus nombreuses, qui se retrouvaient dans des emplois non qualifiés du salariat d’exécution, se creusait. Si je peux reprendre cette image, les premières de cordée qui entraîneraient les autres, dans le monde du travail, chez les femmes, ça n’existe pas.

Nous heurtons-nous à un plafond de verre que nous ne pourrions pas dépasser ?

Il y a assurément un plafond de verre, mais je ne pense pas que nous y soyons condamnés. Simplement les choses sont étonnamment lentes et il n’y a pas de pente naturelle vers l’égalité. La cause des femmes avance grâce au féminisme mais aussi aux scandales. Or les bas salaires des femmes, leur sous-emploi, ne font pas scandale pour le moment.

Propos recueillis par Nathalie Hadrbolec.

→ "Féminin Masculin", Les Entretiens d’Auxerre , du 15 au 17 novembre au Théâtre d’Auxerre.

 Bulletin d'inscription

 Programme

En savoir plus :

Sylvain Joliton
Tél. : 06 43 15 20 08
Courriel : sylvain.joliton@wanadoo.fr

Actualité mise à jour le vendredi 26 octobre 2018

Modules

Les Autres Sites du Département

Plan Synthétique du Site