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Gestion des routes hiver

Gestion des routes : une surveillance du réseau été comme hiver

Gestion des routes : une surveillance du réseau été comme hiver

Sécurité • Le Conseil départemental veille en toutes saisons à maintenir les meilleures conditions de circulation possibles sur le réseau routier dont il a la charge.

Sur la RD 965 entre Mézilles et Saint-Fargeau, la machine UHP (ultra haute pression) parcourt méticuleusement les quatre bandes de roulement (les traînées formées par les pneus dans les deux sens de circulation), tandis que des agents du Conseil départemental effectuent la signalisation du chantier et règlementent la circulation pour la sécurité de tous. Le Département fait appel depuis deux ans à une technique innovante pour se débarrasser du ressuage (bandes noires constituées de liant ressorti de la chaussée lors de fortes chaleurs) : l’hydrorégénération. "La machine projette de l’eau à 2 500 bars et réaspire la matière ainsi décapée et l’eau, explique Erwan Merlet, conducteur de travaux chez Neovia. Il n’y a pas de rejet de matière et la chaussée peut être réouverte très rapidement. Ensuite, nous retraitons les déchets solides et liquides". L’opération s’effectue au rythme moyen d’un kilomètre de bande de roulement traité par heure.

La technique de l’hydrorégénération présente un double avantage : elle permet de débarrasser les chaussées de ces plaques pouvant s’avérer glissantes sans avoir à renouveler l’enduit ou l’enrobé, et ainsi de prolonger leur durée de vie. "Nous sommes dans une logique de préservation du patrimoine, explique Sylvain Seigneur, directeur général adjoint en charge du pôle Patrimoine, Aménagement du territoire et Systèmes d'information. Nous recherchons toutes les solutions qui permettent d’offrir aux utilisateurs des routes des conditions de circulation optimales et d’inscrire dans la plus grande durée les revêtements que nous avons mis en place".

Toute l’année à l’écoute des routes

Les 4 850 km de routes, de même que les 1 531 ouvrages d’art (ponts, mur de soutènement, tunnel de Saint-Moré), font l’objet d’une surveillance régulière de la part des agents du Conseil départemental. Les principales pathologies de chaussée rencontrées sont le ressuage, les nids de poule (des déformations arrondies assez creuses), les fissures longitudinales ou transversales, le faïençage… À chaque problème, une solution est apportée, en interne ou par une entreprise extérieure. Le rebouchage des nids de poule est ainsi effectué en régie par les agences territoriales routières ; les enduits, certains enrobés, les glissières et le marquage au sol par l’Agence territoriale routière spécialisée d’Appoigny.

Un dispositif spécial en hiver

À partir du 24 novembre et jusqu’au 16 mars, les agents du service routier départemental se mettent à l’heure de la viabilité hivernale. Un vaste ensemble de moyens humains et matériels est opérationnel pour faire face aux intempéries (verglas, neige, congères) pouvant perturber la circulation. Le dispositif de surveillance, de prévention et de traitement est actif 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, grâce à des patrouilleurs, chefs d’opérations, veilleurs qualifiés… Au total, une centaine d’agents sont en astreinte durant cette période.

Les routes sont traitées selon trois niveaux de service, selon leur catégorie. Routes d’intérêt régional, économique ou stratégique important : 24 heures sur 24. Routes reliant les principales agglomérations : 24 heures sur 24 après les interventions sur le réseau précédent. Routes desservant les chefs-lieux de communes à partir des réseaux prioritaires : entre 7 h 30 et 17 h les jours ouvrables.

Durant l’hiver dernier, 32 jours d’intempéries ont été recensés(1) et 50 jours de patrouilles comptabilisés. La carte "Yonne routes", qui permet d’adapter chacun de ses déplacements en fonction des conditions de circulation mises à jour en temps réel, a été consultée plus de 22 000 fois. Elle est cette année encore accessible sur le site du Conseil départemental.

(1) 5 jours de neige, 21 jours de verglas, 3 jours de pluie verglaçante et 3 jours de brouillard givrant.

→ Carte "Yonne routes" des conditions de circulation hivernales et carte des niveaux de service disponibles ICI .

Photo ci-dessus : les saleuses prêtes à être installées sur les camions, à l’agence territoriale routière spécialisée d’Appoigny.

Gestion des routes en période hivernale

En chiffres

  • 210,63 km de routes départementales renouvelés, soit :
  • 29,11 km d’enrobés
  • 161,72 km d’enduits
  • 19,80 km d’enrobés coulés à froid
  • 394 agents au service des routes (service routier, service études et travaux, atelier poids lourds et achats magasin)
    (Chiffres 2017 au 30 septembre)

PATRICK LECLERCQ - TECHNICIEN AU BUREAU OUVRAGES D’ART

PATRICK LECLERCQ - TECHNICIEN AU BUREAU OUVRAGES D’ART

"Le principal ennemi des ponts comme des routes est l’eau, dès lors qu’elle commence à s’infiltrer".

Patrick Leclercq est chargé du suivi et de la gestion du patrimoine ouvrages d’art sur l’ensemble du département, soit 1 130 ponts (de plus de 2 m d’ouverture), 200 murs de soutènement (de plus de 2 m de haut, 400 au total) et un tunnel (Saint-Moré). En octobre s’est achevée une campagne d’inspection subaquatique d’une quinzaine de ponts effectuée avec une entreprise spécialisée : le bureau d’études CTES (Cobos Thierry expertise subaquatique) de Lyon. Les scaphandriers, formés à l’INPP (Institut national de plongée professionnelle) à Marseille, ont plongé pour vérifier les fondations ; ils sont également habilités à intervenir en milieu confiné ou pollué. "Nous confions toutes les inspections complexes, qui nécessitent du matériel spécifique, à des cabinets d’expertise extérieurs, explique Patrick Leclercq. C’est le cas des plongées mais aussi des inspections avec nacelles négatives(1)".

Les ouvrages d’art font l’objet d’une surveillance à plusieurs niveaux. Chaque année, lors de l’entretien courant, les agents d’exploitation des agences territoriales routières effectuent une inspection sommaire. Puis, tous les trois ans, ils mènent des inspections plus poussées. Et tous les six ans, chaque pont fait l’objet d’une inspection détaillée. "Selon les désordres rencontrés, nous prévoyons une étude et si nécessaire des travaux, souligne Patrick Leclercq. Mais il faut prioriser car 30 % des ponts environ présentent une petite pathologie. Lorsque nous ne disposons pas tout de suite des crédits pour engager les travaux, nous effectuons une visite rapprochée tous les trois ans pour juger de l’évolution des désordres".

Le pont d’Arcy-sur-Cure, construit en 1763, souffre du courant : "Il vient taper directement dans la face gauche qui est particulièrement érodée, avec un disjointoiement au niveau des fondations, et la partie avant de la pile est en poinçons, explique Thierry Cobos. Mais l’ouvrage est solide en partie aérienne et structurelle". "Le premier ennemi d’un pont comme d’une route est l’eau, poursuit Patrick Leclercq. À partir du moment où elle commence à s’infiltrer les problèmes apparaissent. Et la Cure comme l’Armançon par exemple sont régulièrement en crue. Lors de l’inspection il y a six ans, on observait déjà des érosions sous la fondation des pieds. Nous allons maintenant pouvoir juger de l’évolution…"

(1) Installées sur le pont, elles descendent sous le tablier, par opposition aux nacelles positives qui sont installées sur le sol.

CLAIRE BONFILLOU - CONTRÔLEUR TERRITORIAL À L’AGENCE TERRITORIALE ROUTIÈRE DE TOUCY

CLAIRE BONFILLOU - CONTRÔLEUR TERRITORIAL À L’AGENCE TERRITORIALE ROUTIÈRE DE TOUCY

"Mes missions sont très diversifiées et je vois la réalisation des projets".

Claire Bonfillou, géomètre topographe de formation, a travaillé durant des années au service Études et Travaux avant de devenir l’une des deux contrôleurs territoriaux de l’ATR (agence territoriale routière) de Toucy : "J’avais envie de voir la réalisation des projets et d’effectuer le travail de A à Z. En tant que contrôleur nous assurons la surveillance du réseau, nous relevons les pathologies de chaussée, prenons les mesures, identifions le traitement pour y répondre (avec le laboratoire au besoin) ; nous établissons la programmation des travaux (après arbitrage par les élus), puis nous effectuons la préparation et le suivi des chantiers. Nos missions sont très diversifiées".

Claire Bonfillou est également chef d’opération lors de la viabilité hivernale. "Je gère une équipe d’une douzaine de personnes. En fonction des bulletins météo, je lance des patrouilles de surveillance et si c’est nécessaire, je déclenche des interventions". Depuis quelques mois, les contrôleurs ont une nouvelle mission liée à l’aménagement numérique du territoire : "Nous relevons les chambres Télécom, puis nous travaillons avec le service Études et Travaux qui établit les plans ; ensuite nous effectuons un suivi des travaux de pose de la fibre optique".

MICHEL RODRIGUES - MÉCANICIEN AU SMAG (SERVICE MAGASIN ATELIER GARAGE)

MICHEL RODRIGUES - MÉCANICIEN AU SMAG (SERVICE MAGASIN ATELIER GARAGE)

"Avant de prendre mon astreinte, je fais le tour de mes camions".

Michel Rodrigues et ses neuf collègues mécaniciens du Conseil départemental effectuent l’entretien et la réparation de tous les véhicules : poids lourds, engins de travaux publics, engins agricoles, saleuses et "petits" matériels. "Il y a environ 120 véhicules immatriculés et dès la fin de l’été nous préparons les 42 saleuses qui sont ensuite réparties dans les agences territoriales routières", indique-t-il. Un gros travail. Car avant toute utilisation hivernale, les camions qui vont être équipés d’une saleuse (en dehors de cette période ils servent à d’autres types de travaux) doivent passer au contrôle technique. Les saleuses n’ayant pas fonctionné pendant des mois doivent être scrupuleusement révisées : "Il faut vidanger ou changer les filtres du circuit hydraulique, contrôler les tuyaux, les pompes et les moteurs, régler la vitesse de la toupie et de la vis sans fin…" Sur les engins chargés de repousser la neige ou la glace, il faut inspecter les rabots.

En période de viabilité hivernale, il y a toujours un mécanicien d’astreinte pour préparer le matériel et le réparer en urgence. "Nous pouvons être appelés à n’importe quel moment de la nuit, explique Michel Rodrigues. Le sel doit être chargé au dernier moment et ensuite déchargé, car sinon il durcit. Avant de prendre mon astreinte, je fais le tour de mes camions et je contrôle le carburant, les niveaux et qu’ils démarrent". Le SMAG compte aussi un tourneur fraiseur et un chaudronnier, très précieux en particulier lorsqu’il faut usiner une pièce qui ne se trouve plus dans le commerce… "Tous autant que nous sommes, nous essayons de faire au mieux".

Monsieur le conseiller départemental du Canton d'Auxerre 3

3 QUESTIONS À...

Christophe Bonnefond, vice-président du Conseil départemental, président de la commission des infrastructures et des travaux, conseiller départemental d'Auxerre 3

  1. Comment se prépare la viabilité hivernale, qui est activée cette année du 24 novembre au 16 mars ?
    La viabilité hivernale demande une grande anticipation pour quelques jours seulement dans l’année. Mais quelques jours qui sont très importants pour tous les utilisateurs de la route. Il y a toute une équipe du Conseil départemental qui travaille des mois en amont afin que tout soit prêt.
  2. La surveillance des routes n’a pas lieu qu’en période hivernale…
    La surveillance du réseau est assurée toute l’année par les agents. Elle permet de bien connaître l’état du patrimoine et de cibler les réparations de la façon la plus optimale qui soit, qu’il s’agisse des routes ou des ouvrages d’art. C’est pour cela qu’il est très important que le Département, avec ses équipes, ait une proximité de terrain.
  3. Quelle est la règle en matière d’entretien des routes ?
    Du fait de nos difficultés budgétaires, l’entretien et le renouvellement des chaussées n’est pas à un niveau qui nous satisfait nous-mêmes. Nous recourons à un certain nombre de techniques qui permettent d’allonger la durée de vie des routes, tout en priorisant nos investissements en fonction du nombre de véhicules qui empruntent chaque route.

La rénouée du Japon, une menace pour la biodiversité

LA RENOUÉE DU JAPON, UNE MENACE POUR LA BIODIVERSITÉ

De grandes tiges aériennes tachetées de rouge, de larges feuilles vertes ovales-triangulaires, des grappes de fleurs couleur blanc-crème… le tout dans une forte densité : la rénouée du Japon, une plante invasive originaire d’Asie, représente aujourd’hui une menace pour la biodiversité sur l’ensemble du territoire français. Du fait de ses facilités d’adaptation et de son développement rapide, elle colonise tous les sites et "étouffe" la végétation autochtone.

Un centimètre de rhizome lui permet de proliférer sur un nouveau site ! Depuis deux ans, le Conseil départemental recense l’ensemble des sites infestés le long de son réseau routier et surveille leur évolution. Pour éviter sa propagation, la plante n'est plus fauchée par les épareuses. Elle n’est coupée que là où elle présente un risque pour la sécurité des automobilistes. Le département mène également une expérimentation pour réduire les massifs.

LE DÉPARTEMENT INSCRIT DANS LA DÉMARCHE "ZÉRO PHYTO"

Dès 2007, après le transfert des services de la DDE (Direction départementale de l’équipement) au Département, les pratiques liées à l’utilisation de produits désherbants ont évolué vers une démarche éco-responsable : interventions limitées au traitement des îlots directionnels et sous glissières, traitement avec du matériel adapté et un seul produit, arrêt des produits anti-germinatif, formation des applicateurs et des acheteurs pour obtenir l’agrément Certiphyto.

Lors de la mise en œuvre de la démarche qualité en 2009 (une certification obtenue et confirmée depuis chaque année), l’objectif affiché était d’aboutir à zéro phytosanitaire. Depuis 2013 il n’y a plus d’achat de produits phytosanitaires. Des techniques de substitution sont employées : brosses métalliques sur balayeuse aspiratrice, essais de machine à eau chaude, suppression des îlots et terre-pleins centraux et remplacement par du marquage avec de la peinture à l’eau.

Page mise à jour le mardi 24 octobre 2017

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