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Patrick Gendraud président du Conseil départemental de l'Yonne

Patrick Gendraud, président du Conseil départemental : "Je considère mon rôle comme celui d’animateur d’une équipe"

Patrick Gendraud, président du Conseil départemental

Devenu, le 13 juillet dernier, président du Conseil départemental, Patrick Gendraud s’inscrit dans la continuité des actions engagées, dans un esprit de concertation et de communication. Il est le second maire de Chablis à accéder à cette haute fonction.

Vous avez été élu président du Conseil départemental suite à la démission d’André Villiers, frappé par la loi sur le non-cumul des mandats(1). Quel sera votre mode de gouvernance ?

Dans les assemblées que j’ai présidées, que ce soit les mairies de Courgis ou de Chablis, les communautés de communes du Chablisien puis du Pays Chablisien, j’ai toujours travaillé de façon collective. Je m’entoure de personnes de confiance et chacun est chargé d’une mission. Je considère mon rôle comme celui d’animateur d’une équipe. Travailler en commun, associer les points de vue, les idées de chacune et de chacun, forge la réflexion. Et puis cela évite tout sentiment de frustration.

Quelles relations souhaitez-vous tisser avec les partenaires du Conseil départemental : État, collectivités… ?

Je me suis engagé, et surtout depuis que la loi NOTRe(2) a été mise en place, à rencontrer régulièrement les présidents de communautés de communes. Le dialogue est selon moi indispensable car nous avons des sujets à partager. Je souhaite également que nous travaillions avec les maires et que nous entretenions un lien direct avec les organismes dont nous avons la tutelle (SDIS, Domanys…). D’autre part, je pense que le président du Département doit avoir des rencontres assez régulières avec le préfet, qui est le premier représentant de l’État. Nous avons besoin de l’État et de ses représentants, et il est important d’entretenir cette relation. Cela ne signifie pas pour autant que j’accéderai à toutes les demandes ou sollicitations.

Lors de votre élection, vous avez dit que vous vous situiez dans la continuité, la fidélité, la loyauté. Et d’ailleurs vous avez reconduit les mêmes vice-présidents, hormis Michèle Crouzet, touchée, comme André Villiers, par la loi sur le non-cumul des mandats. Pour quelle raison ?

Je fais partie d’une équipe qui depuis deux ans travaille pour les intérêts du département, dans le cadre d’une gestion compliquée du fait de budgets très contraints. L’État malheureusement s’est désengagé financièrement d’année en année. En quatre ans, la perte de ressources cumulée atteindra 40,2 millions d’euros. Comment pouvait-on imaginer qu’à la suite du départ d’André Villiers, je puisse remercier les personnes avec lesquelles j’avais ainsi travaillé ? Je considère que c’est une question à la fois de loyauté, de fidélité et de continuité d’une action dont nous n’avons pas à rougir. Cela ne veut pas dire que la porte sera fermée aux élus de l’assemblée. Et quand je dis les élus, ce sont tous les élus. Je ne suis pas un chef de clan et je ne veux pas être un chef de clan. Les vieux clivages gauche-droite n’ont plus leur place aujourd’hui. C’est l’efficacité pour le département et ses habitants qui compte.

Quelles seront les priorités de cette équipe ?

Il y a des sujets prioritaires. L’aménagement numérique est le premier d’entre eux, car il est lié au développement de notre département. En découlent des enjeux économiques avec l’installation de nouvelles entreprises et familles, et le développement du tourisme. La première question aujourd’hui de quelqu’un qui arrive sur un territoire est de savoir s’il y a internet haut débit !

Autre sujet majeur : le maintien des structures de santé. Le Conseil départemental a engagé de nombreuses actions pour attirer les médecins et nous allons les poursuivre.

Et bien sûr toutes nos compétences régaliennes en matière de routes et d’ouvrages d’art, de collèges, sans oublier les affaires sociales, qui représentent plus de 50 % du budget du Conseil départemental, de l’enfance aux personnes âgées en passant par les personnes handicapées et les personnes en insertion. Cette mission est primordiale mais nous n’avons pas beaucoup de marge de manœuvre, car nous suivons les directives que la loi nous impose.

Pour assumer toutes ces missions, nous pouvons compter sur le personnel du Conseil départemental, à qui je souhaite rendre hommage. Les fonctionnaires sont des travailleurs de l’ombre, mais leur rôle est précieux auprès des habitants de l’Yonne : travailleurs sociaux, agents dans les collèges, agents affectés à l’entretien des routes… Quelle que soit leur fonction, ils aident à maintenir la cohésion sociale. Cela rejoint ma philosophie qui est que l’on doit travailler ensemble pour répondre au mieux aux besoins des Icaunais. Le Conseil départemental est un échelon de proximité très important.

Quel regard portez-vous sur le territoire de l’Yonne ?

Ce qui ressort, c’est sa diversité. Il faut 55 minutes pour aller de Sens à Paris, où des milliers de Sénonais vont travailler chaque jour ; et tandis que le nord forme la 4e couronne de la région parisienne, le sud est très rural, porte d’entrée dans le parc naturel régional du Morvan. Chaque territoire possède ses atouts, qui concourent au rayonnement de l’ensemble du département. On peut citer Chablis (un poumon économique qui affiche le plus bas taux de chômage de l’Yonne), Vézelay, le chantier médiéval de Guédelon, l’AJA et Guy Roux, la première cathédrale gothique à Sens, ou encore le château pentagonal de Maulnes dans le Tonnerrois, un édifice unique, propriété du Conseil départemental…

Plusieurs projets sont en cours pour développer les liens naturels entre les territoires et ainsi favoriser le tourisme : l’aménagement des canaux et des véloroutes ; la réactivation du chemin du Tacot, ce train qui reliait Laroche-Migennes à l’Isle-sur-Serein, portée par la communauté de communes Chablis villages et terroirs, et la communauté de communes de la Haute-Vallée du Serein, Nucérienne et Terre-Plaine…

"Je ne suis pas et ne veux pas être un chef de clan. Travailler en commun, associer les points de vue, les idées de chacune et de chacun, forge la réflexion."

Patrick Gendraud, président du Conseil départemental de l'Yonne

Vous avez été maire de Chablis de 2001 jusqu’à votre démission en juillet dernier. Pourquoi cet attachement à ce territoire ?

Je suis attaché de façon viscérale à Chablis car c’est mon territoire d’origine, et je ne l’abandonnerai pas. La loi m’a imposé cette démission, de même qu’elle l’impose à un député ou à un parlementaire, mais je trouve que c’est une erreur car c’est déconnecter nos élus nationaux d’un ancrage sur le territoire. On va fonctionnariser la fonction de député et les parlementaires vont siéger à Paris la plupart du temps.

Votre parcours mêle engagement public et entreprise privée. Avec à l’origine… Jacques Chirac ! Comment s’est-il construit ?

Je suis né à Paris mais j’ai vécu à Maligny mes dix premières années. J’ai fait mes études à Paris puis j’ai travaillé dix ans au ministère des Finances. Deux raisons m’ont conduit à revenir dans le Chablisien, en 1979 : l’attachement au territoire de mon enfance et mon tempérament d’entrepreneur. Au sein de la fonction publique, j’avais le sentiment de ne pas pouvoir m’exprimer. J’ai monté une entreprise d’auto-école moto et voiture. J’avais trois auto-écoles : une à Chablis, une à Saint-Florentin et une que j’ai créée à Monéteau. J’aimais ce métier pour le rôle de transmission et d’éducation qu’il apportait.

Ma mère a travaillé durant 37 ans comme secrétaire particulière de Jacques Chirac(3), que j’ai connu à 15 ans alors qu’il était jeune député de Corrèze. Et un jour il m’a dit : "Patrick, si tu veux rentrer dans le monde politique, il faut que tu aimes les gens". J’ai beaucoup appris à ses côtés, car durant une période il m’entraînait avec lui sur les foires des villes et villages de Corrèze. Et j’ai aimé l’homme. C’est son côté humaniste qui m’a séduit, et d’ailleurs s’il est toujours apprécié aujourd’hui c’est bien pour cela…

Ma première élection au Conseil général date de 1998 mais j’ai continué à gérer mon entreprise jusqu’en 2012, date à laquelle j’ai vendu mon dernier établissement, celui de Chablis. Je n’ai jamais connu de faillite et je suis parti dans de bonnes conditions. Je revendique également la bonne gestion de la Ville de Chablis et de la communauté de communes.

Ma volonté de transmettre, de travailler avec les autres, de communiquer, de faire preuve de pédagogie fait partie de ma personnalité. J’ai essayé de reproduire cela au niveau des assemblées que j’ai présidées et je veux continuer. Je tiens à ce que les choses soient organisées, transparentes, que nous soyons réactifs afin de ne pas laisser des situations se dégrader. Pour cela, le travail en équipe est nécessaire.

Propos recueillis par Nathalie Hadrbolec et Fabrice Jobard

(1) André Villiers a été élu député le 18 juin 2017.
(2) Loi du 7 août 2015 portant Nouvelle organisation territoriale de la République.
(3) Du ministère de la Coopération où Jacques Chirac était jeune conseiller technique, jusqu’à l’Élysée.

12 vice-présidents

12 Vice-présidents du Conseil départemental de l'Yonne

Page mise à jour le mardi 29 août 2017

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