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Colette

Promenade littéraire sur les pas de Colette

Promenade littéraire sur les pas de Colette

Femme de lettres et femme libre, Colette fascinait par son talent et sa personnalité. À sa mort, la France lui a organisé des funérailles nationales. L’Yonne, qui l’a vu naître, lui rend hommage à travers un musée et une maison d’écrivain à Saint-Sauveur-en-Puisaye.

"De grâce, donnez-moi de tendres crayons de pastel, des couleurs qui n’ont pas de nom encore, donnez-moi des poudres étincelantes, et un pinceau-fée, et… Mais non ! car il n’y a point de mots, ni de crayons, ni de couleurs, pour vous peindre, au-dessus d’un toit d’ardoise violette brodé de mousses rousses, le ciel de mon pays, tel qu’il resplendissait sur mon enfance !" (Paysages et portraits, 1958). Colette (1), à jamais, appartenait à la Puisaye. Cette terre qu’elle aimait, devenue un thème récurrent de son œuvre, et qui aujourd’hui lui rend tous les hommages avec sa maison natale fidèlement restituée et un musée littéraire à Saint-Sauveur-en-Puisaye.

LA PLACE QU’ELLE MÉRITE

Ces projets ont vu le jour grâce à une mobilisation locale, devenue nationale. Celle du Conseil départemental (alors Conseil général), de la commune, de la Région, du ministère de la Culture… unis dans la même volonté d’octroyer, dans l’Yonne, la place qu’elle mérite à l’un des plus grands écrivains français doublé d’une pionnière de l’émancipation de la femme. C’est ainsi qu’en 1995 ouvre le Musée Colette, dans le château restauré de Saint-Sauveur-en-Puisaye. "C’était un musée d’un genre nouveau, souligne Samia Bordji, responsable du Centre d’études Colette au Conseil départemental, créé en 1998 pour gérer les archives et mettre en valeur l’œuvre de l’écrivaine (2). Hélène Mugot a su tirer dans la vie et l’œuvre de Colette tous les aspects les plus importants et les réintroduire dans une muséographie toute en sensations".

L’ouverture en 2016 de la Maison de Colette, où l’écrivaine a passé les dix-huit premières années de sa vie et dont elle a fait un personnage à part entière de ses romans, tient de cette même ferveur. Frédéric Maget, le directeur (3), a mobilisé des personnalités nationales pour rassembler les fonds nécessaires à l’achat, puis au lourd chantier de réhabilitation et de restitution de la maison.

Promenade littéraire sur les pas de Colette

Aujourd’hui, les amoureux de Colette, mais aussi plus largement les touristes séduits par cette balade dans la littérature et la vie d’une femme parmi les plus libres de son temps, se rendent de l’un à l’autre. Séduits par l’univers de Colette, ils poursuivent leur visite par la découverte de cette région restée chère à son cœur jusqu’à son dernier souffle.

(1) Née Sidonie-Gabrielle Colette (1873 - 1954).
(2) Le Conseil départemental se trouve aujourd’hui au carrefour de toutes les structures existantes : Centre d’études Colette, Société des amis de Colette (dont il gère le fonds d’archives), Musée Colette, Maison de Colette.
(3) Également président de la Société des amis de Colette.

Isabelle FROMENT-MEURICE

"Musée, maison natale, Centre d’études Colette... depuis plus de trente ans, le Conseil départemental s’investit en faveur de l’un des écrivains les plus célèbres de l’Yonne. L’idée est de faire fonctionner en synergie tout un territoire autour d’un projet culturel et touristique
qui s’adresse à tous les publics"

Isabelle Froment-Meurice
Vice-présidente du Conseil départemental en charge de la Culture, conseillère départementale de Cœur de Puisaye

Samia Bordji

"Ma rencontre avec l’œuvre de Colette a changé ma vie"

Rien ne prédestinait Samia Bordji à devenir responsable du Centre d’études Colette. Titulaire d’une maîtrise de lettres modernes, elle travaillait sur la littérature du XVIIe siècle lorsqu’elle postula au poste. La lecture de deux ouvrages suffira à changer sa vie : Colette l’éternelle apprentie, une biographie de Jean Chalon, et Colette sa vie, son œuvre, une étude de 1927 de Jean Larnac. "Je les ai lus d’une traite en me disant “quelle vie géniale !”. Ils la citent judicieusement et après je n’avais qu’une hâte : la lire".
Le coup de foudre pour l’écrivain est immédiat : "J’ai commencé par penser que c’était un des plus grands écrivains du XXe siècle, puis plus je la lisais plus je découvrais la richesse, la maîtrise de la langue, la virtuosité… Pour moi, Colette est un génie littéraire". Samia Bordji aide à mieux faire connaître Colette et conçoit les expositions temporaires du musée.

Jean-François Faure

"Le rayon Colette attire les touristes, les Parisiens…"

Jean-François Faure a grandi en Puisaye puis a passé une partie de sa vie à Paris. Jusqu’à ce qu’il décide de reprendre la librairie Jofac à Toucy. Un choix dont il se félicite chaque jour pour la qualité de vie et cette affection qu’il partage avec Colette pour la région. Dans sa boutique, un rayon présente ses ouvrages mais aussi une sélection des publications qui lui sont consacrées, du livre de recettes à ses amours masculines et féminines.
"Le hors-série Connaissance des arts “La maison de Colette” a fait un carton. L’ouverture de la Maison de Colette a eu un impact indéniable. Elle attire des gens qui prennent le temps de se promener alentour". Lui s’est replongé dans les livres de Colette : "Je l’avais étudiée au collège mais je l’ai redécouverte. Habitant ici, on s’y croit : ses balades en forêt, l’école, la tour sarrasine… Elle a un style incroyable !"

Frédéric Maget

"Nous voulions sauver la maison natale de Colette"

"Tout a démarré vraiment fin 2006-début 2007, lorsque nous avons appris la mise en vente de la maison natale de Colette…" Les deux parties de la famille n’étant pas d’accord sur le projet, celui-ci avorte. Mais Frédéric Maget et "une poignée d’irréductibles" ne désarment pas. La maison se dégrade mais leur volonté se renforce : "Nous nous disions que nous ne pouvions pas laisser passer l’opportunité de sauver ce patrimoine unique".
L’organisation d’un événement au théâtre du Châtelet à Paris apportera une couverture médiatique nationale et internationale, et le ralliement des collectivités. "Nous sommes allés voir les propriétaires en leur disant que nous avions un vrai projet de sauvegarde du bâtiment et 300 000 € pour le leur acheter. C’est ainsi que la maison a pu être sauvée…" La restauration a duré cinq ans et rassemblé là encore fonds publics et privés.

COLETTE ET L’YONNE : UNE HISTOIRE POUR LA VIE

"J’appartiens à un pays que j’ai quitté. Tu ne peux empêcher qu’à cette heure s’y épanouisse au soleil toute une chevelure embaumée de forêts.
Rien ne peut empêcher qu’à cette heure l’herbe profonde y noie le pied des arbres, d’un vert délicieux et apaisant dont mon âme a soif…"
Les Vrilles de la vigne (1908)

"Le charme, le délice de ce pays fait de collines et de vallées si étroites que quelques-unes sont des ravins, c’est les bois, les bois profonds et envahisseurs, qui moutonnent et ondulent jusque là-bas, aussi loin qu’on peut voir".
Claudine à l’école (1900)

"Auxerre… on devrait l’écrire comme on le prononce. Osserre donc, c’est presque mon pays.
Je vois miroiter, dans un coin de ma mémoire, des maisons blanches, des pavés en têtes de chat, un soleil levant couleur de mandarine dans un ciel à peine bleu, cendré, glacé, éventé de sons de cloches et de vols de pigeons blancs".
Notes de tournées (1909)

"Mon bouquet de Puisaye, c’est du jonc grainé, de grands butomes à fleurs roses plantés tout droits dans l’eau sur leur reflet inversé ; l’alise et la corne et la nèfle, roussottes que le soleil ne mûrit pas, mais que novembre attendrit.
[…] Ni pied, ni main, ni bourrasque n’ont détruit en moi le fertile marécage natal, réparti au tour des étangs".
Mes apprentissages (1936)

  • Une année de rendez-vous !

    Expositions, documentaire, film… l’actualité de Colette est aussi variée que les formes littéraires avec lesquelles elle a joué.

    Colette Une année de rendez-vous

Page mise à jour le lundi 05 mars 2018

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